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Le livre de Gildas Bernard en ligne sur ArchivesGenWeb mardi 21 novembre 2017
 
 

REGISTRES PAROISSIAUX ET ETAT CIVIL





DEPUIS LA REVOLUTION FRANCAISE




Fixation de l'orthographe des noms propres.
 
 
Si les noms propres semblent s'être fixés en France vers 1350 1, il n'en est pas de même pour l'orthographe de ces noms. Pour nos aïeux les mots avaient essentiellement une valeur auditive. Ce n'est que peu à peu que l'orthographe s'est fixé. On pourrait supposer que l'ordonnance de Villers Cotterêts (1539), qui rendait obligatoire la tenue des registres paroissiaux, aurait fixé l'orthographe. Il n'en est rien, mais quoi de plus normal ? L'orthographe est une notion qui a échappé à l'Ancien Régime et qui n'a commencé à apparaître qu'avec le dictionnaire de l'Académie pour les noms communs ; mais si celle-ci en 1740 supprima l's dit "muet" qui ne se prononçait plus depuis le XIème siècle devant une consonne sonore et le XIIème devant une sourde (beste, teste, etc., écrits désormais bête, tête), l's a persisté dans les noms de famille Lasnier (l'ânier), Pescheur, etc. L'Académie pouvait agir sur les noms communs, mais guère sur les noms propres. Chaque curé avait sa manière d'écrire influencée soit par la prononciation, soit par des formes latinisantes, voire par le pédantisme. Ceux qui savaient signer adoptaient parfois plusieurs orthographes. C'est ainsi que Malherbe (mort en 1628) signait Malerbe, Malherbe, ou même Maleherbe.
 
C'est seulement à partir de la Restauration que l'orthographe est devenue un signe de bonne éducation ; encore les bévues ne manquent-elles pas, le cas extrème cité par Dauzat étant Zoézédoé dû à une faut d'enregistrement : le déclarant avait épelé Zoé : zed, o, é et le préposé avait transcrit d'affilée. Les altérations qui se produisent au XIXe siècle sont cependant assez rares et proviennent soit de la négligence des déclarants qui n'appellent pas l'attention sur l'orthographe du nom déclaré (surtout dans les déclarations de naissance faites par des tiers), soit de bévues de l'officier d'état civil. Il en est parfois résulté des scissions de nom entre branches d'une même famille.


 

 
 
 
 

1. Pour les gentilshommes c'est le Code Michaud (ordonnance de 1629), qui les invitera à signer de leur leur nom patronymique et non plus du nom de leur seigneurie, ceci afin de limiter les changements de noms assez fréquents à l'époque : art. 211 : "Enjoignons aux gentilshommes de signer du nom de leurs familles et non de celui de leurs seigneuries, en tous actes et contrats qu'ils feront, à peine de nullités des dicts actes et contrats."
 
Le Guide des recherches sur l'histoire des familles est en ligne sur ce site grâce
aux aimables autorisations de Gildas Bernard et du Ministère de la Culture, accordées à Jean-Luc Monnet.
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