Colonne de Soissons

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La colonne
Louis Petit de Bachaumont veillant sur la Colonne Médicis pendant la destruction de l'Hôtel de Soissons en 1748

La colonne de Soissons, ou colonne Médicis, est située rue de Viarmes, à la limite du jardin Nelson Mandela (ancien jardin des Halles), dans le 1er arrondissement de Paris. Elle est accolée à la nouvelle Halle au Blé devenue la bourse du Commerce.

Description

Colonne dorique, construite par l'architecte Jean Bullant vers 1572-1575 sur commande de Catherine de Médicis dans la cour de l'hôtel, dit alors de la Reine, qu'elle venait de se faire construire afin de quitter les Tuileries ou elle se sentait menacée.

L'hôtel, devenu de Soissons, est démoli en 1749, la colonne en est le seul vestige.

Cette colonne creuse est haute de 31 mètres, large de 3 mètres, et contient un escalier intérieur à vis de 147 marches qui conduit à une plate forme, elle même surmontée d'une structure métallique, sans doute l'ossature d'une verrière.

Sur le pourquoi de cette colonne on ne sait pas grand-chose, fantaisie, observatoire, monument commémoratif, réplique de la colonne Trajane de Rome ?

Elle aurait été utilisée comme point d'observation du ciel par Côme Ruggieri, astrologue et conseiller florentin de la reine.

En bas un cartouche rappelle la démolition en 1749 de l'hôtel de Soissons, donne le nom de son architecte, Jean Bullant, et consacre l'érection d'une fontaine en 1812 :

« « In basi turris hujus e regiarum ædium reliquiis exstantis quod insigne opus a Johanne Bullant architecto anno post JC 1572 ædificatum anno autem 1749 destructum ut in frumentarias nundinas conversum sit utilitati civium et hujusce fori ornamento præfectus et ædiles fontem instauravirunt anno MDCCCXII ». »

La fontaine, ancienne fontaine de l'hôtel de Soissons, est attestée en bas de la colonne dès 1806, Fontaine de Médicis à la colonne attenante à la halle aux blés[1].

La colonne est dotée en 1764 d'un cadran solaire, situé à environ 16 mètres de hauteur, réalisé par l'astronome Alexandre Guy Pingré (1711-1796), chanoine régulier et bibliothécaire de Sainte-Geneviève, astronome et géographe. Ce cadran solaire disparaît malencontreusement lors d'une restauration de la colonne en 1888-1889. Il existe, depuis 2011, un projet de rénovation du cadran de Pingré[2], je ne sais ou en est ce dossier.

La caméra de surveillance installée en haut de la colonne, sur la structure métallique[3], n'est, à mes yeux, pas de très bon goût et ne s'intègre pas très bien avec l'ensemble.

Cette Colonne est présente sur les plans de Paris en 1760 et 1771. Elle a été classée monument historique par liste en 1862[4].

Sauvetage de la colonne

Suite à bien des mésaventures l'hôtel est entre les mains d'un prince de Carignan en 1740, ce dernier, fauché, doit vendre l'hôtel, sa colonne et les terrains.

La ville de Paris rachète l'hôtel et le terrain, la colonne, vendue séparément, est acquise par un certain Louis Petit de Bachaumont, chroniqueur (la rue Bachaumont lui rend hommage), qui propose alors de l'offrir à la ville de Paris à la condition qu'elle ne soit pas détruite.

Arès négociations la ville de Paris accepte l'offre à la condition de lui rembourser la somme qu'il avait dû verser, les bâtiments de l'hôtel sont détruits et la colonne est intégrée dans la nouvelle Halle au Blé par l'architecte Nicolas Le Camus de Mézières.

Notes et références

  1. Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. Dulaure, Volume 9 Par Jacques-Antoine Dulaure
  2. Cadran Info, revue de la Commission des Cadrans Solaires et référence gnomonique, n° 24 d'octobre 2011, rubrique informations
  3. La colonne Médicis sert de support à une caméra de surveillance (septembre 2010), photos
  4. « Notice no PA00085839 », base Mérimée, ministère français de la Culture